Vous avez validé le besoin et le format de la mission de consultance, choisi le profil, signé le contrat. Le consultant arrive lundi, et à ce stade l’attention retombe souvent. Et pourtant, la réussite d’un début de mission dépend aussi beaucoup des deux premières semaines. Voici ce à quoi faire attention durant le premier mois de l’arrivée d’un consultant dans votre équipe.
« Il est autonome, il se débrouillera »
On pense souvent qu’un consultant est censé être opérationnel tout de suite, et qu’il devrait pouvoir se débrouiller seul.
C’est une attente légitime, et c’est partiellement vrai. Oui, un bon consultant s’adapte vite, comprend un environnement en quelques jours et ne demande pas qu’on lui explique son métier.
Mais posez-le dans une entreprise qu’il ne connaît pas, sans accès au système comptable, sans savoir qui valide un paiement ni qui détient l’historique du dossier… et il passera beaucoup de temps à chercher, et à poser ses questions à la mauvaise personne. Or, ces jours-là, vous les payez au tarif plein.
Sur une mission de six mois, qui est notre durée moyenne, deux semaines à tâtonner représentent environ 8 % du budget. Pour éviter ce coût inutile, ce n’est pas très compliqué : les informations existent, il faut surtout penser à les partager avant lundi…
Voici un récapitulatif des informations et accès à préparer avant l’arrivée de tout consultant.
Les accès, le matériel, les droits
Commencez par lister tous les systèmes et dossiers auxquels votre consultant devra avoir accès : dossiers partagés, VPN, et outils métier qu’il va utiliser tous les jours, SAP, Odoo, Ariba ou Workday selon les cas.
Le matériel doit aussi être disponible le jour de l’arrivée, PC et badge compris. Enfin, les documents utiles doivent être rassemblés quelque part, ou au moins accessibles sans faire trois demandes.
Les droits, eux, doivent correspondre à ce que la personne va réellement faire. Un consultant en lecture seule sur les données qu’on lui demande de corriger passera sa première semaine à réclamer des autorisations, et sa deuxième à relancer. À l’inverse, évitez de donner plus d’accès que nécessaire.
Préparer l’équipe, qui est le vrai sujet
L’arrivée d’un consultant se vit de deux façons très différentes selon la manière dont elle est annoncée :
- soit comme un soulagement : « Enfin du renfort ! » ;
- soit comme une menace : « On va nous remplacer, on juge notre travail. »
Ce qui fait basculer d’un côté ou de l’autre, c’est presque toujours le message porté par le sponsor.
Les conséquences ne sont pas seulement humaines. Quand la méfiance s’installe, l’information cesse de circuler ; le fichier promis pour mardi arrive vendredi ; les explications restent en surface. Personne ne bloque volontairement, mais le consultant met trois semaines à comprendre ce qu’une conversation d’une heure aurait suffi à lui transmettre, par manque de collaboration.
Pour instaurer le bon climat dès le départ, expliquez dès le début à votre équipe : pourquoi cette personne vient, pour combien de temps, sur quoi, et avec qui elle va travailler. Dites explicitement qu’il s’agit d’un renfort temporaire et non d’un remplacement. Repérez aussi les personnes que le consultant devra rencontrer dès la première semaine.
Le premier jour
Un consultant arrive rarement dans une entreprise calme, mais plutôt pendant une surcharge, une transition, un projet en retard ou une clôture qui approche.
Une réunion de lancement bien menée suffit. Il faut en sortir avec :
- l’objectif de la mission, et ce qu’on attend de livré à 30 jours puis à moyen terme ;
- les critères de réussite, et les KPI éventuels : à quoi on jugera que la mission est réussie, en délai, en qualité, en adoption ou en économies ;
- le nom de la personne de référence au quotidien ;
- qui fait quoi, et qui sont les interlocuteurs à connaître ;
- qui arbitre et qui valide, ce qui n’est pas toujours la même personne ;
- le rythme de suivi, quotidien ou hebdomadaire selon le contexte ;
- les canaux : Teams, Slack ou mail, où se prennent les décisions et où se rangent les livrables.
Ajoutez-y le contexte : pourquoi la situation existe, ce qui a déjà été tenté, quelles décisions ont déjà été prises, et où se situent les sensibilités internes. C’est ce qui évite au consultant de passer quinze jours à redécouvrir le passé, ou de proposer une solution qui a déjà échoué trois fois.
Dites aussi de quoi la mission dépend : un budget plafonné, une échéance qu’on ne peut pas décaler, une équipe IT mobilisée sur un autre projet, une décision du board attendue en octobre, une contrainte réglementaire. Un périmètre parfaitement défini n’empêche pas d’être bloqué dès la troisième semaine si personne n’a explicité ces dépendances.
L’équipe interne a besoin des mêmes informations, formulées différemment : pourquoi il est là, sur quoi il intervient, comment travailler avec lui.
La première semaine
Quelques entretiens en tête-à-tête avec les personnes clés valent mieux qu’une longue présentation collective. Le consultant s’y présente, mais surtout il écoute : ce qu’on attend de lui, et ce qui agace les gens en ce moment. Ces conversations-là évitent beaucoup de malentendus plus tard.
Et par la suite
Les missions qui se passent le mieux sont celles où le consultant se sent intégré à l’équipe plutôt que traité en fournisseur. Les échanges informels, la pause café, le déjeuner, la présence aux moments de vie de l’équipe quand c’est pertinent. On peut trouver ça anecdotique, mais c’est pourtant souvent ce qui détermine si l’information circulera ou pas.
Par ailleurs, le consultant doit bien évidemment rester en dehors des éventuelles polémiques internes et ne pas prendre parti, mais de la même manière, évitez de le placer au centre des tensions.
Prévoyez enfin un point de recalibrage après une à deux semaines. Trois questions suffisent : est-ce qu’on traite le bon problème, est-ce que le consultant obtient ce dont il a besoin, qu’est-ce qu’on ajuste. Chez Altesia, c’est précisément l’objectif de notre méthodologie de suivi de mission.
Qu’en est-il du télétravail ?
Un consultant n’a pas forcément à suivre votre politique de télétravail. Vous pouvez lui demander d’être plus souvent sur site que vos salariés, et c’est légitime en début de mission, quand il a besoin de comprendre l’écosystème et de créer du lien.
Ensuite, autant être pragmatique : si le bureau est vide tous les mercredis, exiger une présence ce jour-là risque d’être perçu comme un besoin de contrôle et un manque de confiance.
Exécution vs. amélioration
Une des grandes forces d’un consultant est sa connaissance de nombreuses autres situations et organisations de travail. Il a donc l’habitude de repérer des angles morts et de proposer des améliorations : un reporting qui prend trois jours et pourrait en prendre un, un process jamais documenté, un outil dont vous utilisez un quart des fonctions. Cela fait aussi partie de sa mission et de sa valeur ajoutée.
Cependant, si les suggestions arrivent en continu, l’équipe finit par avoir l’impression qu’on remet tout en question en permanence. Même bien intentionnées, des améliorations quotidiennes se reçoivent comme une critique de ce qui existait avant. Cela risque aussi de faire dériver la mission par rapport à son objectif initial.
Le plus simple est de fixer la proportion au départ. Une mission peut être opérationnelle à 80 % et garder de la place pour les idées. Il suffit de fixer un moment dédié aux propositions d’améliorations, par exemple lors d’une revue mensuelle, où l’on décide ce qu’on met en œuvre et quand. Cela évite d’ajouter des chantiers au scope initial sans avoir vraiment pris le temps d’arbitrer.
Quand vous êtes déjà dans le mur
Tout ce qui précède présuppose que vous preniez un peu de temps pour en gagner par la suite. Mais lorsque vous appelez un consultant dans l’urgence et que vous croulez déjà sous les priorités, dégager ce temps n’est pas toujours évident.
Dans ce cas, décidez avant l’arrivée de ce qu’il peut prendre en main dès le premier ou le deuxième jour : une clôture à sécuriser, un retard critique à résorber, un dossier bloqué à reprendre. Ces « quick wins » vous donneront rapidement le soutien dont vous avez besoin, et le consultant sera tout de suite dans le bain. Mais pensez alors à lui donner le contexte en parallèle, à défaut d’avoir pu le lui donner en amont.
En effet, un consultant très attendu qui lit de la documentation pendant que l’équipe coule risque d’être très mal perçu en interne, et c’est inconfortable pour lui, alors qu’un premier résultat visible en 48 heures rassure l’équipe et lui donne une raison de coopérer.
Sécurité et conformité
Un consultant ne peut pas deviner vos pratiques internes ni les contraintes de votre secteur. Si des processus sont sensibles, dites-le au début : règles anti-fraude, confidentialité, traitement de données personnelles, environnements à accès restreint.
C’est particulièrement vrai quand les données ne peuvent pas sortir de l’entreprise, quand certains outils ne tournent que sur un poste sécurisé, ou quand vous devez fournir un PC dédié. Autant le régler avant l’arrivée qu’au milieu de la mission.
La checklist
Pour faciliter l’onboarding et l’arrivée d’un consultant, nous avons préparé une checklist qui récapitule tous les points essentiels. Téléchargez-la dès à présent.
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Cinq sections à passer en revue avant le premier jour : le cadre de mission, les rôles, l’environnement de travail, l’équipe et le mode de fonctionnement.
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